13 octobre 2009
Love is all we need
J’ai un côté romantique aussi développé que mon côté
je-vois-des-sous-entendus-partout, mais évidemment, j’ai bien moins l’occasion
de l’exposer à la vue du monde. Ainsi, j’ai pensé rassembler ici les déclarations d’amour
qui m’ont donné le plus de frissons le long de l’échine, et fait utiliser le
plus de mouchoirs. Evidemment, lorsque vous n’avez pas vu le film, il est
possible que cela vous raconte un peu l’histoire – même si je vais l’éviter au
maximum. Pensez à cliquer sur les titres.
C’est pourquoi j’ai un goût assez développé pour les films qui, outre leur
bonne intrigue, leur beauté visuelle, leur bande originale de qualité ou encore
leur casting parfait, sont de belles histoires d’amour, de tous types, de la
plus triste à la plus merveilleusement impossible de par sa perfection. Cela m’émeut
beaucoup, comme les vaches.

Ivy
Walker: When we are
married, will you dance with me? I find dancing very agreeable. Why can you not
say what is in your head?
Lucius Hunt: Why can you not stop saying what is in yours? Why must you
lead, when I want to lead? If I want to dance I will ask you to dance. If I
want to speak I will open my mouth and speak. Everyone is forever plaguing me
to speak further. Why? What good is it to tell you you are in my every thought
from the time I wake? What good can come from my saying that I sometimes cannot
think clearly or do my work properly? What gain can rise of my telling you the
only time I feel fear as others do is when I think of you in harm? That is why
I am on this porch, Ivy Walker. I fear for your safety before all others. And
yes, I will dance with you on our wedding night.

Robbie Turner: [voiceover] Dearest Cecilia, the story can resume. The one I had been planning on that evening walk. I can become again the man who once crossed the surrey park at dusk, in my best suit, swaggering on the promise of life. The man who, with the clarity of passion, made love to you in the library. The story can resume. I will return. Find you, love you, marry you and live without shame.
The Last of the Mohicans ; Cora & Hawkeye
Cora
Munro: They're
going to hang you. Why didn't you leave when you had the chance?
Hawkeye: Because what I'm interested in is right here.
Pride and Prejudice ; Elizabeth & Mr Darcy

Mr.
Darcy: Miss
Elizabeth. I have struggled in vain and I can bear it no longer. These past
months have been a torment. I came to Rosings with the single object of seeing
you... I had to see you. I have fought against my better judgment, my family's
expectations, the inferiority of your birth by rank and circumstance. All these
things I am willing to put aside and ask you to end my agony.
Elizabeth Bennet: I don't understand.
Mr. Darcy: I love you.

[on
sheets of poster board]
Mark: With any luck, by next year - I'll be going out with one of these
girls.
[shows pictures of beautiful supermodels]
Mark: But for now, let me say - Without hope or agenda - Just because
it's Christmas - And at Christmas you tell the truth - To me, you are perfect -
And my wasted heart will love you - Until you look like this.
[picture of a mummy]
Mark: Merry Christmas.
Ce n'est qu'un échantillon, mais très représentatif. J'aimerais bien que ma vie soit un film, parfois.
12 octobre 2009
Another little white lie
Ça brule. Oui, ça brule tout le long de l’œsophage même. Une brulure au goût sucré, le genre de sucre qui retourne l’estomac et l’esprit en un temps record ; le tout, c’est que l’esprit réussisse à dompter l’estomac. Être malade ça fait très mauvais genre. Surtout devant lui, le type inaccessible, mais qui l’est de moins en moins alors que la bouteille se vide de plus en plus. Après tout, elle devait être minuscule, cette bouteille : je n’en suis qu’à six verres. Enfin, la dernière fois que j’ai compté, j’en étais là. De toute façon, boire au goulot, c’est plus pratique. Cette chaleur est agréable, très agréable, c’est un véritable piège auquel on se prend volontiers ; dans lequel on se jette même, et avec élan. J’ai l’esprit réchauffé et les épaules fraîches, mes yeux brillent autant que la lampe du salon. Je ne ressemble à rien, et pour être honnête, je m’en fiche, car je n’y pense même pas quand il s’approche pour me parler. Je ne comprends pas grand-chose à ce qu’il raconte d’ailleurs, mais j’ai un sourire jusqu’aux oreilles, et le regard pétillant ; je bois ses paroles comme je bois à la bouteille, et ça lui plaît beaucoup. Il aime se sentir important, il aime que j’occulte le reste de la pièce quand il me sourit et me prête sa veste, il aime que je le suive quand il prétend avoir envie de fumer pour m’emmener dehors, il aime que je me laisse faire quand il me prend par la main alors que je suis face à lui, dos au mur. Un homme qui a besoin de coincer l’élue de son cœur contre un mur pour être certain qu’elle ne recule pas est un homme raté. J’aime les loosers. Ma conscience me dit « Pars ! », mais la bouteille rétorque « Encore cinq minutes … ». Les cinq minutes de trop. Celles pendant lesquelles ses lèvres rencontrent les miennes, chose à laquelle j’ai pensé bien souvent depuis que je l’ai rencontré. Je n’ai pas le droit de lui rendre son baiser, mais la bouteille me promet qu’elle ne dira rien à personne. Il n’a pas le droit de me plaquer contre le mur, mais il a laissé sa conscience chez lui, à presque mille kilomètres de là, bien au chaud ; je me demande même s’il ne l’a pas confiée à sa copine, et si celle-ci n’a pas été assez naïve pour l’accepter de bonne grâce, voire comme un cadeau. Ce mec est un salaud, un salaud qui me donne des frissons que je ne devrais même pas imaginer, un salaud avec lequel j’échange ma salive, un soir d’été dans un jardin, au coin de la maison bruyante, emplie de jeunes gens ivres. J’ai bu pour oublier, et je me retrouve à m’oublier dans les bras de l’amoureux d’une autre. D’ailleurs j’espère qu’elle ne m’en voudra pas trop. Non, pas d’inquiétude, elle ne m’en voudra pas, nous sommes trop proches. C’est aussi ça l’amitié après tout !

08 juin 2009
Avec une goutte de vodka

L’herbe, blonde et souple, me chatouille les cuisses sans
retenue ni pudeur alors que je passe dans le pré. Me mettre en jupe était une
provocation, je l’admets, alors je fais semblant de ne rien ressentir, comme
les trois quarts du temps finalement. Il m’est difficile de ne pas rabattre le
tissu sur mes jambes lorsque le vent le soulève pendant que je marche, tout
comme me déplacer sans regarder à terre pour faire attention à ne pas trébucher
sur un obstacle quelconque. Je finis par m’affaler, comme si j’étais épuisée
après une si courte distance parcourue ; j’ai envie de pleurer, sans
m’arrêter, la brise faisant dodeliner les épis pour seul témoin. Parfois le
décor ne va pas avec l’enveloppe, et cette dernière n’est pas en accord avec la
pensée. La passion se moque bien de la raison. Le désir du corps n’est pas
nécessairement celui du cœur, bien souvent un désaccord conduit au désarroi,
charnel ou spirituel. Le beau temps inspire des envies de bien être et de
légèreté, pas uniquement concernant ce qui couvre la chair. J’aimerais pouvoir
exposer mon esprit aux doux rayons du matin, allongé à mes côtés. Une
insolation légère le rendrait plus docile et plus aisément compréhensible.
03 juin 2009
The scent of awakening

Les déménagements, quand leur raison d’être est une amélioration certaine, ont tout de même cette part d’angoisse, celle qui va souvent de paire avec l’excitation. La nouveauté a une face effrayante, l’être humain n’aimant pas ce qui lui est inconnu. Pour ma part, ce qui m’effraie par ici est le vide, la peur qui m’étreint est celle de la page blanche. Tout recommencer, sans oser effacer, car finalement, je veux faire pareil en mieux, presque deux années après mon premier départ. Un univers ? Surement pas, c’est un mot bien trop vaste, complexe et un modèle de désorganisation organisée impossible à reproduire pour ma petite cervelle. Il s’agit juste de mon histoire, aussi (peu) intéressante que celle de n’importe qui d’autre, rythmée par des pensées dont la perspicacité est des plus discutables.

